La politique d’open access des grands musées (2)

Depuis la révolution numérique et de l’internet, construire son « musée imaginaire » au sens d’André Malraux est à la portée de tout un chacun. Les plus grands musées dans le cadre de leur politique d’open access rendent la chose réalisable. On va bien au-delà du rêve d’André Malraux qui imaginait son musée à partir de photographies, en noir et blanc. 

De nombreux et grands musées de par le monde mettent à disposition des reproductions en haute résolution, d’oeuvres dans le domaine public mais également celles qui sont sous licences ouvertes (licence CC0 Creative Common zero) (1).

En France, les grand musées nationaux sont en complet décalage. Ils mènent une politique régressive, scandaleuse même, en utilisant tous les moyens pour empêcher une diffusion gratuite de qualité. C’est l’Etat profond qui gouverne au détriment de l’intérêt général. Nous reviendrons en détail sur cette politique misérable (2).

Deux manières d’accéder aux oeuvres et à leur reproduction : aller sur le site internet du musée, faire confiance à un agrégateur. 

L’open access des grands musées

Citons quelques uns de ces musées exemplaires : 

  • The Metropolitan Museum of Art (MET) – New York

Lien > https://www.metmuseum.org/hubs/open-access ou recherche : https://www.metmuseum.org/art/collection

Toutes les images du domaine public sont accessibles sans restriction et gratuitement sous CC0 soit plus de 200.000 à ce jour (sur un total de 375.000). Le travail se poursuit. Ainsi l’an passé 21.000 nouvelles images dont 18.000 font partie du domaine public ont été intégrées. L’image est accompagnée d’informations-clé : titre, artiste, date, dimension… 30 millions de visiteurs consultent chaque année le site web du Met. Pour élargir son audience, des partenariats ont été noués avec Creative CommonsArtstor, la Digital Public Library of America, et Pinterest

Le Metropolitan Museum of Art de New York abrite une collection d’œuvres d’art spectaculaire de pièces provenant du monde entier. Des Caravage, Rembrandt van Rijn, Vermeer, Goya, Van Gogh, Cézanne, Monet, ou encore Warhol, Pollock. Tous les plus grands mouvements artistiques sont représentés au MET : l’impressionnisme, le réalisme, l’autoportrait, l’expressionnisme, le fauvisme, …

Vincent van Gogh « Cyprès aux blés d’or » (1889)

  • Rijksmuseum – Amsterdam

Lien > https://www.rijksmuseum.nl/en/rijksstudio

Le musée propose une plateforme en ligne dédiée appelée Rijksstudio Rijksstudio qui donne accès gratuitement à des centaines de milliers d’images du domaine public en Jpeg 4500×4500 pixels. Pour un usage professionnel  (format TIFF), il faut introduire une demande mais c’est gratuit. La qualité est essentielle pour le Rijkmuseum qui est toujours à la recherche du meilleur (« We’re continually upgrading our image files to the latest quality standards. »)

Chaque œuvre est accompagnée d’une notice explicative. L’Histoire de l’art occupe une place importante dans ce nouveau concept, qui offre des analyses instructives de chefs-d’œuvre des plus grands maîtres hollandais : Frans Hall, Cornelis Sebille Roos, Johannes Vermeer, George Hendrik Breitner, Jan Steen…

Le Rijksmuseum présente sa collection au monde entier et invite chacun à se servir de ses ressources. Tout en surfant dans la collection du Rijksmuseum, l’utilisateur peut sauvegarder toutes les œuvres qu’il a sélectionnées (ou des détails de ces œuvres) dans son Rijksstudio personnel. Ces fonctionnalités sont gratuites et ne nécessitent qu’une adresse électronique et un mot de passe. On peut également partager sa collection personnelle avec ses amis. Le Rijksstudio est présent sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Pinterest).

L’utilisateur peut rassembler des images de deux manières différentes  : les stocker dans des répertoires que l’on crée dans son propre Rijksstudio comme cela a été dit ou les télécharger sur son ordinateur. Une fois que l’image a été téléchargée, elle est à lui ! Il peut en faire ce qu’il veut ! Il peut l’utiliser pour illustrer un livre, pour décorer des objets, ou l’envoyer à une entreprise d’impression qui réalise toutes sortes d’objets à partir des images qu’on leur fournit.

Autoportrait de Rembrandt van Rijn, c. 1628 Artwork

D’autres musées méritent également une visite. 

  • National Gallery of Art – Washington

Lien > https://www.nga.gov/artworks/free-images-and-open-access
Plus de 60.000 images en haute résolution d’oeuvres dans le domaine public sont  téléchargeable. Usage libre total (utilisation personnelle ou commerciale).

  • Smithsonian Institution (21 musées, Washington)
    Plus de 5.000.000 d’images et objets 3D. Téléchargement libre et sans demande.

Lien : https://www.si.edu/openaccess.

Les agrégateurs

Parmi les « agrégateurs » notre préférence va à Wikimedia Commons qui est une médiathèque multilingue en ligne qui stocke des images (photographies, dessins, schémas, cartes géographiques, partitions de musique), des sons, des vidéos et des fichiers Pdf …. Tous les fichiers sont gratuits et libres de droits. Il est par conséquent possible de les consulter, de les télécharger, de les copier.

Lien direct > https://commons.wikimedia.org/

Wikimedia Commons sert de réserve commune pour tous les projets de Wikimédia comme Wikipédia mais il n’est pas nécessaire d’appartenir à ces projets. Le dépôt est enrichi et maintenu par des volontaires bénévoles. 

Inauguré le 7 septembre 2004, Wikimedia Commons contient actuellement plus de 150 millions de fichiers.

Les images sont en haute (voire ultra-haute) résolution, souvent issues directement des musées (le MET, le Rijksmuseum, le Nationalmuseum de Stockholm, la National Gallery of Art, etc., y téléchargent eux-mêmes leurs fichiers officiels en CC0 ou domaine public). Tout est classé par artiste, par œuvre, par époque, par mouvement… et la plupart des reproductions d’œuvres dans le domaine public sont autorisées sans restriction.

A l’occasion de nos recherches nous sommes tombés sur la reproduction d’un tableau de Camille Pissarro, datant de 1872) « Bois de châtaigniers en hiver, Louveciennes » qui est visible à la Toulouse dans le cadre de la Fondation Bemberg (3). Il s’agissait pour nous d’une surprise.

Bemberg Fondation Toulouse – Bois de châtaigniers en hiver, Louveciennes – Camille Pissarro 1872

Google Arts & Culture : Agrégateur de centaines de musées avec zoom ultra-haute résolution et expositions virtuelles. Pas toujours de téléchargement direct, mais excellent pour la découverte.

Lien > https://artsandculture.google.com/
En revanche, on ne recommandera pas Wikiart qui est passé d’un site d’art à une boutique en ligne de reproductions d’art.

Lien > https://www.wikiart.org/

FK

(1) La licence CC0 (Creative Commons Zero) permet au titulaire de droits d’auteur de renoncer au maximum à ceux-ci dans la limite des lois applicables, afin de placer son œuvre au plus près des caractéristiques du domaine public.  

La licence CC0 a été lancée officiellement le 11 mars 2009 par l’organisation Creative Commons.  

(2) Article à paraître

(3) La Fondation Bemberg est une fondation d’art située à  Toulouse dans l’hôtel d’Azzézat, et présentant la riche collection d’art privée du collectionneur Georges Bemberg, réunissant peintures, sculptures et objets d’arts anciens et modernes que celui-ci a prêtés à la municipalité de Toulouse afin de les rendre accessibles au plus grand nombre.

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