Sous le signe de la bouffonnerie, acte II

Décidément, en cette rentrée, nos amis critiques de théâtre sont attirés par des pièces placées sous le signe de la bouffonnerie. Serait-ce la crise financière qui conduit à trouver des dérivatifs ? Frédérique Mouchenotte-Ghysel nous avait fait apprécier dans une précédente chronique « Furioso », « Le songe d’une nuit d’été » et « René, l’énervé ». >>>

Nous poursuivons avec la pièce donnée ce week-end  par les Tréteaux de Louveciennes, « Les Bouffons », écrite par Miguel Zamacoïs, auteur né à Louveciennes en 1866 et qui y a vécu de longues années ; nous rendrons également compte d’une pièce comique donnée à Paris et qui a reçu le prix Molière 2010 « Thé à la menthe ou t’es citron ? » 

Les bouffons 

Comédie de Miguel Zamacoïs

 Adaptation scénique de Jean-Jacques Guérin

avec Philippe Cazin, Jean-Baptiste de Charentenay, Marie-Chrisitine Dehaut, Philippe Francia, Jacqueline Godefroy, Marguerite d’Humières, Françoise Isackson, Catherine Lacroix-Jousselin, Monique Lacroix, Sophie Leclercq, Sophie Lozet-Durand-Gasselin, François Morize, Raphaël Taverne et Michèle Trémouille.

 

Ayant beaucoup aimé dans notre jeunesse les romans de cape et d’épée (« Les Trois mousquetaires », « La Dame de Monsoreau » d’Alexandre Dumas, « Le Bossu » de Paul Féval et bien d’autres), les films du même genre (le merveilleux « Scaramouche », plus récemment une belle version du Bossu avec Daniel Auteuil dans le rôle du héros, Fabrice Luchini dans celui du méchant, bien méchant), c’est avec beaucoup d’allégresse que nous nous sommes rendus dans la salle Saint-Saëns.

Dès le lever de rideau, on est fixé. Nous assisterons à une pièce fidèle à la tradition. Le décor, un château du moyen-âge mâtiné de Renaissance, nous sommes sous François Ier, au fonds des murs crénelés, sous un ciel bleu immaculé, au centre trône un beau puit, à droite et à gauche, des façades trouées par deux portes, une porte noble, et une plus basse pour les personnages serviles. Ces portes vont beaucoup servir, quelques répliques et le personnage disparaît, d’autres apparaissent. C’est la pièce qui le veut.

Alors parlons-en. Elle a été créée en en 1907 par Sarah Bernhard et a été couronnée par l’Académie française. Elle a été écrite  en vers, c’est plaisant mais pour un esprit contemporain cela manque de rythme et d’humour. On n’est pas chez Edmond Rostand, ce n’est pas Cyrano de Bergerac. Le sujet de la pièce est archi-classique. Un baron veuf, désargenté, a une très belle fille à marier, qui rêve du grand amour. La confidente du baron prend l’initiative d’organiser un concours de « bouffons » qui permettra d’introduire au château un jeune noble des environs, déguisé en bossu. La trouvaille. Le « bossu » recueille tous les suffrages. Tout se terminera bien, les méchants ou les imbéciles seront ridiculisés, le baron trouvera un trésor miraculeux qui lui permettra de tenir son rang et doter sa fille, celle-ci pourra se jeter dans les bras du jeune noble, bien séduisant et spirituel de surcroît.

La bonne surprise est venue de la troupe des comédiens, 14 amateurs précisons-le, qui incarnent avec talent des personnages bien  typés, le père noble, le matamore, les servantes indisciplinées, l’amoureux, l’ingénue…..On devrait citer toute la distribution. Attribuons une mention particulière à l’interprète du rôle-titre, Jean-Baptiste de Charentenay, tout à tour charmeur, spirituel, bondissant avec une manière spectaculaire d’occuper l’espace scénique.

On aurait certes pu aller plus loin dans « le second degré » mais il s’agissait d’un spectacle familial, bien apprécié par un public nombreux.

La recette est allée à une bonne oeuvre, « Les toiles enchantées », association qui se déplace dans les hôpitaux pour enfants et adolescents afin de leur projeter du « vrai cinéma sur grand écran » Les toiles enchantées

FK

Thé à la menthe ou t’es citron? 

 de Danielle Navarro Haudecoeur et Patrick Haudecoeur  

dans une mise en scène de Patrick Haudecoeur 

avec Nathalie Cerda, Jean-Luc Porraz, Isabelle Spade, Patrick Haudecoeur, Jean-Pierre Lazzerini ou Bob Martet, Edouard Pretet, Sandra Biadalla

Théâtre Fontaine 10 rue Fontaine – Paris

T’es bon public  ou t’es ronchon ? T’es boulevard ou prise de tête ?

Tout commence par une répétition d’une pièce de boulevard qui se passe comme toute répétition, plutôt à l’arrache, rien n’est prêt, les personnages, encore en « civil » s’ébauchent, les gags se succèdent, entre la costumière, le « pro » des lumières, la voix off du régisseur et la metteuse en scène complètement dépassée par les événements et qui tente de ménager ses comédiens, son équipe technique et surtout que chacun, chacune se doit de composer avec le personnage principal, le « pistonné », apparenté avec le producteur.

Lorsque l’un des comédiens ne peut plus tenir son rôle juste avant la Première, la pièce bascule, le plaisir jubilatoire des spectateurs décuple alors qu’on leur joue ce qu’ils ont déjà vu en répétition et qu’ils apprécient en spectateurs avertis ; le spectacle est maintenant intensifié par les costumes et les effets provoqués par de nouveaux rebondissements, fort bien interprétés par les comédiens, particulièrement expressifs et tous excellents : A savourer sans modération !

FMG (Frédérique Mouchenotte-Ghysel)

 

 

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