Elue dans des conditions singulières à la suite des graves dissensions dans l’équipe de Pierre-François Viard, Marie-Dominique Parisot est entrée en fonction comme maire en décembre 2021.
Le contexte était difficile. Le pays sortait de l’épreuve traumatisante du Covid, et dès février 2022, l’agression de l’Ukraine par la Russie de Poutine allait entraîner notre pays dans de nouvelles épreuves essentiellement financières.
Le programme soumis aux électeurs se trouvait modifié dès la présentation du budget 2022 voté par la nouvelle majorité. La promesse d’une baisse de la taxe foncière était abandonnée et reportée à des temps meilleurs (…), les investissements réorientés vers les économies d’énergie
Sans prétendre à l’exhaustivité, nous passerons en revue les principales actions de Mme le Maire et de son équipe. Nous donnerons peu de références renvoyant nos lecteurs aux 500 articles publiés à ce jour.
Reconnaissons, en préambule, que les maires exercent dans un univers très contraint. L’autonomie financière des communes s’est réduite à une peau de chagrin, la complexité législative, règlementaire et administrative étouffe les initiatives, nombre d’habitants se comportent plus en consommateurs toujours plus exigeants de services que de citoyens responsables.

(Gerhard Richter, Gudrun) (*)
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- Première impression, le climat apaisé des séances du conseil municipal après les tensions passées. Le calme affichée par Mme le Maire et sa volonté d’apporter des réponses aux questions posées participent de ce bon climat. Certains diront, non sans raison, que cela est également dû à la faiblesse des oppositions qui se sont délitées au fil du temps (la critique de la fermeture de l’école Doumer a été leur momentum).
- Les comptes et les budgets de la commune sont présentés avec une clarté et un détail qui tranchent avec les présentations souvent brouillonnes du passé. Stéphane Pihier, maire-adjoint aux Finances (assisté par les agents communaux des finances) assure bien son rôle de financier et de pédagogue. Quelques progrès restent à faire en particulier relatifs une information sur le coût des services rendus. La promesse de leur publication n’a pas été tenue, jusqu’à présent.
- Le redressement des finances de la commune est à mettre au crédit de Marie-Dominique Parisot et de son adjoint aux Finances. Dans un contexte difficile où les dotations de l’Etat se transforment en ponction, où les subventions des partenaires se raréfient, le déficit de fonctionnement de 2024 (- 0,479 M€) est devenu un excédent largement positif en 2025 (+ 1,890 M€). Les réserves cumulent à 5,282 M€ fin 2025. Il y a eu certes des résultats exceptionnels mais c’est également le fruit d’une gestion avisée.
- La baisse des impôts locaux n’est plus à l’ordre du jour. Depuis la suppression de la Taxe d’habitation (TH), la fiscalité des communes repose principalement sur les propriétaires devant acquitter la taxe foncière (TFPB) et ceux possédant une résidence secondaire qui acquitte la taxe d’habitation (THRS). Cette suppression a été une erreur en rompant le lien financier entre les habitants et la commune, prestataire d’innombrables services. Ce n’est pas la faute de nos élus, il s’agit là du choix opéré par le Président de la République. Lors de la campagne électorale de la fin 2021, Marie-Dominique Parisot et sa liste avaient fait la promesse de baisser la taxe foncière. Las, au moment de l’élaboration du budget 2022, les incertitudes liées au déclenchement de la guerre en Ukraine a conduit au report de cette promesse. En 2024, au contraire même, la taxe foncière a subi une augmentation importante de 12 % en raison de la hausse des coûts de l’énergie et celle d’autres produits et services. Depuis, l’inflation s’est nettement ralentie et les finances de la commune se sont substantiellement améliorées. Un conseiller municipal d’opposition, Benoît Nusbaumer, a suggéré à plusieurs reprises que l’on fasse un geste en diminuant le taux de la taxe foncière. Mme le Maire et son Adjoint aux Finances ont répondu négativement à cette proposition estimant que cela serait « électoraliste » (sic) et « irresponsable ». Plus récemment, on a rajouté que cette baisse n’est plus une option en raison d’un programme d’investissement « conséquent ».
- Faire peser sur les seuls propriétaires privés qui sont à Louveciennes essentiellement des résidents est peu équitable (les bailleurs sociaux étant largement exemptés comme on devrait le savoir de la taxe foncière sans compensation de l’Etat). Si à Louveciennes, le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties reste inférieur au niveau moyen des communes comparables du département, il n’en reste pas moins qu’on se dirige vers l’overdose fiscale en fragilisant par là le consentement à l’impôt.
- Le taux de la TH sur les résidences secondaires s’est vu complété par une surtaxe au taux maximal de 60 % comme l’ont fait un certain nombre de communes marquées à gauche. Cette décision a pu étonner venant d’une équipe qu’on classe généralement au centre et à droite sur l’échiquier politique, même si la liste se présente comme « apolitique ». (Petite précision : l’auteur de ces lignes ne possède pas de résidence secondaire…).
- Une politique affirmée en faveur des enfants et des familles. Elle se manifeste par des tarifs généreux de la restauration scolaire et du périscolaire (notamment le repas scolaire à 1 € dont bénéficient près de 180 familles), des aides aux familles en difficulté, une offre en places de crèches. En effet, quatre crèches d’une capacité totale de 125 places sont « correctement dimensionnées face aux besoins ». La réalisation d’une nouvelle crèche de 50 places, destinée à remplacer deux petites crèches, est sur les rails et devrait sortir en 2029/2030. A fin 2025, sur les 111 agents travaillent pour la commune, 44 agents sont dédiés au secteur de l’Enfance et de la Vie Scolaire. Pour avoir une vue globale de ce secteur, il faut rajouter les 27 personnes directement affectées aux crèches et qui travaillent au Centre communal d’action sociale (CCAS).
- Dans une ville où la population est vieillissante, les seniors font l’objet d’une série de services intéressants (repas portés à domicile, repas pris à la Maison Amanda, transports collectifs pour faire des courses, sorties culturelles, animations, activités sportives, prévention, aide au numérique,…).
- La mise en service de deux Maisons médicales (aux Clos et place de l’église) ainsi que la Maison intergénérationelle, investissements engagés sous le mandat précédent participent également de cette action.
- Une défense active du commerce local est menée qui se traduit notamment par la mise à disposition de locaux à loyers modérés. Le taux de vacance reste faible (7 %) mais parfois des fermetures se prolongent sans que la Mairie y soit pour quelque chose. Ainsi pour le café de la gare, qui a fermé à la suite de la mise en règlement judiciaire de l’activité de l’ancien exploitant, il a fallu plusieurs mois pour trouver un repreneur et l’espoir d’une ouverture prochaine.
- La revitalisation du marché, place de l’église avec de nouveaux commerçants est à noter même si sa taille reste modeste.
- La sécurité. Comme de nombreuses communes de l’ouest parisien, Louveciennes subit des vols et des incivilités. La hausse de l’insécurité en France est un fait largement documenté, on n’en est plus au « sentiment » d’insécurité que voyaient certains politiques et certains médias. La commune s’est dotée de moyens (une police municipale, une soixantaine de caméras de videoprotection, le réseau Voisins vigilants). Avec un renforcement du lien entre la police municipale et la police nationale, une certaine efficacité des actions est à noter. Il serait souhaitable que l’Adjoint à la Sécurité publie régulièrement des chiffres sur ce sujet.
- La fermeture de l’école Doumer, quoique controversée, se justifiait pour diverses raisons : la baisse du nombre global d’élèves à Louveciennes, une surcapacité évidente (près de 40 % des salles de classe inoccupées), l’existence de deux autres écoles (Soudanes, Leclerc) disposant de salles en nombre suffisant pour accueillir les élèves Doumer, les travaux importants pour isoler et mettre aux normes l’école. Les communes de taille comparable à Louveciennes n’ont que deux écoles publiques primaires. Il y avait certes lors de l’annonce de la fermeture une émotion compréhensible des parents et des anciens élèves de voir disparaître des souvenirs qu’on gardera en mémoire…..
- Fallait-il transformer les locaux Doumer maintenant désaffectés et en faire une « Maison des Arts et de la Jeunesse » ? L’idée d’un regroupement de certaines associations en un lieu unique n’est pas nouvelle. Il s’agit en l’occurence d’accueillir les activités de la Fabrique – MJC, de la Maison des Enfants, les ateliers de l’association Arts et Loisirs, les Scouts unitaires de France de Louveciennes, l’Atelier des peintres de l’Académie Gabriel Fauré. Projet emblématique donc dont l’ouverture est prévue pour septembre 2028. Le coût de l’opération n’est pas mince (4,8 M€) mais argumentent les responsables, si Doumer était resté une école, il aurait fallu faire des investissements pour la mettre aux normes de l’année 2030 (réduire la consommation énergétique de 40 % et par conséquent faire de l’isolation, du double vitrage sans parler des normes d’accessibilité) à un coût estimé à 4 M€ qui se compare aux 4,8 M€ du nouveau projet ; des économies de frais de fonctionnement seront également réalisées puisque les locaux de la MJC, de la Maison des enfants et du local Blandon seront vendus. Le financement de l’opération se fera grâce à l’autofinancement, à la vente de biens communaux devenus inutiles, par des subventions (qui restent à être concrétisées) et par emprunt.
- Parmi les investissements importants en cours, figure la rénovation de l’éclairage public (2,274 M€). Celui-ci est dans un tel état de délabrement qu’il fallait de toutes façons passer par une rénovation. Le nouveau système sera fiable en terme de confort, de sécurité et on aura une diminution de la facture d’électricité et des frais de maintenance. Le retour sur investissement sera long mais il ne s’agissait pas du seul critère guidant ces choix. Pour financer en partie cet investissement, la commune aura recours à l’emprunt pour un montant de 1,5 M€ auprès de la Banque des Territoires (CDC). Il s’agit là d’une rupture, après des années où les maires (André Vanhollebeke, Pierre-François Viard) ont mené une politique constante de désendettement, deux décennies durant, qui a amené la dette par habitant à un niveau très bas. Cette politique a duré plus de deux décennies. La capacité d’emprunt étant retrouvée, il peut être sage d’y recourir à condition de bénéficier de taux bas et de financer des investissements utiles.
- Communication. La retransmission des séances du conseil municipal, inaugurée du temps du mandat de Pierre-François Viard, se poursuit avec des améliorations (qualité de l’image) et quelques ratés (le son, l’absence de panoramique sur le public il est vrai très rare). Les questions posées par le public, en fin de séance, ont été supprimées. Cette initiative était intéressante et suppléait aux frêles voix et rarement consistantes de l’opposition.
- Louveciennes Echos, le magazine publié 3 fois par an a vu sa présentation modernisée et sa qualité améliorée par la variété des sujets abordés, les photos en revanche sont de qualité très moyenne.
- Sortir à Louveciennes, les 2/4 pages sur papier glacé, informe très correctement sur les manifestations du mois.
- Louveciennes est également présente sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Linkedin) mais il n’est pas certain que cela contribue à améliorer substantiellement la visibilité des actions de la commune.
- La communication se fait aussi par Louv Smart dont la courbe d’apprentissage s’améliore (au fait combien d’utilisateurs ?).
- Les conseils de quartier, au nombre de 5, sont définis comme des instances d’information, de réflexion et d’échanges qui visent à créer du lien social et favoriser les relations intergénérationnelles (octobre 2022). Dans les faits elles fonctionnent selon un mode ralenti et n’ont pas ou peu d’impacts sur la vie des quartiers.
- La grande fête de Louveciennes (ex Fêtes des fleurs) dans une « version revisitée » s’est singulièrement appauvrie en raison, il est vrai, des contraintes budgétaires mais elle souffre également d’un manque d’imagination. Les autres manifestations traditionnelles inscrites au calendrier rencontrent leur public (Le Festival du Bruit qui Pense, Fleurs et jardins, …). Un nouveau Président du comité des fêtes vient d’être nommé en la personne de Boleslas Palewski. Cette nomination a pu surprendre car il était jusqu’à présent conseiller municipal d’opposition et son appétence pour les fêtes n’était pas particulièrement évidente. On attendra bien entendu avec curiosité et sympathie son programme et ses premières actions pour réenchanter les fêtes de Louveciennes.
A suivre
FK
(*) Reproduction partielle d’un tableau de Gerhard Richter, Gudrun (1987) qui faisait partie de l’exposition consacrée au grand peintre allemand à Louis Vuitton.
C Gerhard Richter
Aucun projet concernant l’état dégradé du gymnase (fuites constantes, dès qu’il pleut, dans le couloir menant à l’escrime notamment, ventilation, etc …) ?
@ Tsuk
Il me semble qu’il est prévu des travaux au gymnase.
Madame le maire a parlé de ce projet lors de sa réunion publique en février 2026.