Pierre-François Viard, challenger du maire sortant, à la tête de la liste « Louveciennes Demain », s’explique ici longuement sur les principaux sujets à enjeux pour Louveciennes.
Pour en faciliter la lecture et permettre vos commentaires argumentés, nous avons choisi de découper l’interview en trois :
- dans le premier article seront abordés les questions d’urbanisme, de logements sociaux et le dossier de Villevert ; à cet égard, on prendra connaissance avec intérêt de la position très tranchée de Pierre-François Viard qui répond aux interviews du maire, André Vanhollebeke, et Philippe Chrétien, conseiller municipal chargé des affaires économiques ;
- dans le second article seront traités les questions de déplacement (et de stationnement) à Louveciennes et dans le Grand Paris ;
- dans le troisième article figureront les sujets comme les finances, la sécurité et la question, plus sensible, de l’arrivée dans la liste « Louveciennes Demain » de 5 conseillers venant de la majorité sortante ; le positionnement d’Anne-Laure Pozzo Deschanel, maire-adjointe à l’Urbanisme, sera évoqué.

Urbanisme et Logement social
La Tribune de Louveciennes- La loi SRU oriente l’urbanisation de notre commune. Modifiée en janvier 2013, elle a sensiblement durcie l’obligation de disposer de logements sociaux : 25 % contre 20 % antérieurement. Louveciennes devra produire en conséquence de l’ordre de 400 logements sociaux d’ici 2025. Votre objectif de limiter Louveciennes à 8500 habitants est-il dans ces conditions crédible ?
Pierre-François Viard – Les 8500 habitants sont relatifs au « périmètre urbain constitué» c’est-à-dire le village, et par conséquent sans Villevert. Le maire parle de 9000 habitants pour l’ensemble ce qui va être impossible à tenir.
Nous avons retenu cet objectif en fonction des infrastructures, des écoles, du stationnement.
Nous avons étudié la question d’une manière approfondie.
Pour tenir l’objectif, nous agirons :
- d’une part, en révisant à la baisse certaines des orientations d’aménagement telles que prévues dans le Plan local d’urbanisme (PLU) actuel. Nous proposerons une concertation spécifique aux habitants des quartiers concernés avec la mise en place de comités de quartier. Nous effectuerons donc certains réglages sur le PLU ;
- d’autre part, en ne retenant que les obligations minimales que sont les obligations triennales établies par l’Etat : 77 logements pour la période 2014-2016 qui démarre, puis 82 pour la période suivante 2017-2020, soit : 159 logements pour les 6 ans à venir (Plains Champs et les Voisins bien que non construits sont comptabilisés sur la période précédente).
Ces logements pourront être réalisés sous forme de petites résidences parfaitement intégrées dans le paysage urbain de notre village comme cela a été fait jusqu’en 2000 avec la quinzaine de résidences existantes réparties sur Louveciennes.
Autre piste de travail, en saisissant l’opportunité du site de Villevert pour desserrer l’étau de l’exigence croissante en logements sociaux dans le village. Nous privilégierons un projet équilibré à Villevert, plutôt qu’une densification du centre-ville, qui fait tout le charme de Louveciennes.
Il faudra réaliser aussi un certain nombre de ces logements sociaux à Villevert, en menant une réflexion fine sur la typologie des logements à y prévoir (logements pour les jeunes, logements permettant le travail à domicile, résidence intergénérationnelle, par exemple) et en réglant le curseur du nombre de logements.
Là aussi en y associant les Louveciennois par la création d’un groupe de travail ad hoc et en renouant le dialogue avec les interlocuteurs incontournables du dossier que sont l’Etat, le conseil général et certaines villes voisines.
TL – Vous étiez réservé sur la cession de l’ex-terrain de football des Plains Champs, un « bijou de famille » selon votre expression. Si vous remportez les élections, remettrez-vous en cause la vente de ce terrain actuellement bloquée par un recours devant le Tribunal administratif ?
PFV – Non, certainement pas. Je n’ai pas été formellement opposé au projet de construire sur le terrain de football mais il fallait que cela se fasse dans la concertation étroite avec les riverains ce qui aurait évité des recours (des recours concernent d’ailleurs d’autres opérations comme celle sur le terrain de tennis de la rue de Voisins et celle envisagée dans le quartier de Voisins.
D’une part, ce projet n’est pas négatif pour la ville, d’autre part des engagements pris par le maire sortant avec les promoteurs acquéreurs potentiels du site nous lient. Ces engagements laissent peu de marge de manœuvre et coûteraient très cher à la ville en cas de rupture de la promesse de vente.
Cependant, nous allons remettre tous les interlocuteurs (promoteurs, riverains, ville) autour d’une table pour réétudier le projet dont je souhaite un dénouement positif.
TL – Dans un de vos tracts vous décrivez Villevert comme « un projet à l’abandon ». Le maire de son côté nous a assuré que le dossier était prêt et serait finalisé en 2014. L’électeur est ainsi face à deux appréciations du dossier totalement opposées qui ne peuvent que troubler. Qu’est-ce qui fonde votre jugement ?
PFV – Le nouveau propriétaire est connu depuis presque deux ans déjà, sans que rien ne se passe. Je parle d’ « abandon » car visiblement il y a un blocage.
Et tout d’un coup, sous prétexte des élections imminentes, le maire sortant nous annonce une enquête publique en septembre prochain et des permis de construire délivrés en décembre.
C’est tout bonnement impossible compte tenu des délais incompressibles inhérents à la conduite d’un tel projet et à la procédure d’urbanisme à mettre œuvre pour rendre les terrains aujourd’hui « en attente » donc inconstructibles, constructibles.
C’est de plus faire fi, d’une part d’une concertation avec les Louveciennois qui n’a pas eu lieu et avec les personnes publiques associées d’autre part. Personnes publiques que sont l’Etat, le conseil général, les villes voisines notamment, incontournables sur ce dossier puisqu’elles ont à émettre des avis préalablement à l’enquête publique. Et si l’on souhaite un avis favorable du commissaire-enquêteur à l’issue de l’enquête publique sur ce projet, ces avis se devront d’être favorables aussi.
Concertation qui compte tenu de l’ampleur et de la complexité du projet, ne peut se faire sur moins d’un an et obligatoirement préalablement à l’enquête publique.
C’est faire fi aussi des nombreuses études d’impact obligatoires dans le cadre de la procédure d’urbanisme à mener et indispensables pour que les personnes publiques et la ville puisse se prononcer sur le projet. Ces études prennent elles aussi au moins un an et doivent se faire préalablement à l’enquête publique aussi.
Quant à délivrer des permis de construire en décembre, cela parait également peut réaliste, quand on sait que le délai minimum d’instruction d’un permis de maison individuelle est de 4 mois environ compte tenu des avis extérieurs à obtenir et quand tout se passe bien. Aux Plains Champs, avec la même méthode de travail, la déclaration de projet, que le maire veut également utiliser pour Villevert, il a fallu deux ans d’études d’impact et de concertation pour arriver à une signature. Alors pour un projet, de la taille de Villevert, il est impossible de le boucler avant la fin de l’année. Ce sont des promesses électorales qui ne sont pas tenables.
Il faut mettre en place une véritable méthode de travail, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Nous proposons de :
– élaborer en concertation avec les Louveciennois une feuille de route précise sur le développement de Villevert ;
– redevenir acteur du projet en renouant le dialogue rompu avec les différents interlocuteurs que sont l’Etat, le conseil général, les villes voisines, la nouvelle intercommunalité dont les avis favorables sont incontournables sur ce projet ;
– soutenir un projet mixte à haute qualité environnementale : bureaux, commerces et logements essentiellement tournés vers les jeunes ;
– mettre à profit la présence d’un grand promoteur pour réaliser un projet sans aucun impact financier de la ville ;
– obtenir d’Unibail des financements par l’intermédiaire d’un fonds de concours pour que la ville puisse lancer et piloter des études de manière transparente et indépendante, permettant de mesurer l’impact réel du projet sur la ville : circulation, finances, de la ville, circulation, transport en commun, environnement, etc…
En effet, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un terrain privé que le propriétaire ne peut pas être contraint à un certain nombre de pré-requis ; d’autant que pour rendre son terrain constructible, il a précisément besoin que la ville modifie son PLU, ce qui n’est pas neutre en terme d’impact.
Il faut également obtenir d’Unibail de laisser une partie du terrain de Villevert « en attente » de constructibilité. Nous en définirons ultérieurement les orientations afin d’en adapter la destination en fonction des besoins futurs.
TL – Vous croyez beaucoup à la démocratie participative, mais en quoi les Louveciennois peuvent avoir une opinion fondée sur un projet aussi complexe, leurs interventions sont souvent liées à des intérêts strictement personnels, on l’a vu lors des réunions du PLU.
PFV – Je ne partage pas votre avis. J’ai lancé en juin dernier une enquête auprès des Louveciennois, j’ai reçu énormément de réponses dont beaucoup étaient convergentes.
Les Louveciennois sont très inquiets sur l’avenir de Villevert. Il faut les consulter avant l’enquête publique, il faut les associer en créant un groupe de travail pour orienter le projet. C’est en quoi nos méthodes diffèrent complètement de celles d’André Vanhollebeke. Si la concertation n’est pas bien réussie (et je pense également à celle qu’il faut mener avec les personnes publiques), je ne donne pas cher d’un projet qu’on fait à la va-vite pour des raisons électorales.
Il ne s’agit pas de que démocratie participative, mais de concertation rendue obligatoire et inhérente à la procédure d’urbanisme de déclaration de projet. Sans cette concertation avec les Louveciennois et les personnes publiques associées, les avis obligatoires à rendre par ces dernières et qui seront joints à l’enquête publiques ne peuvent être que défavorables. Avec comme résultat, une enquête publique, elle-même défavorable au projet et donc un projet une nouvelle fois mené dans une impasse.
(Propos recueillis par François Kremper – 14 mars 2014)
>>>> Lire la suite 2 de l’entretien de Pierre-François Viard relative aux questions des déplacements à Louveciennes et dans ses environs et en Région parisienne.
« Ces logements pourront être réalisés sous forme de petites résidences parfaitement intégrées dans le paysage urbain de notre village comme cela a été fait jusqu’en 2000 avec la quinzaine de résidences existantes réparties sur Louveciennes. »
Pourquoi s’arrête-t-il à 2000 ? Pourquoi choisit-il ‘par hasard’ la fin de mandat de son mentor, pour ne pas dire son maître (comble pour un vétérinaire), Pierre Lequiller ? Dans sa mauvaise foi, Monsieur Viard est incapable de reconnaître que cette politique en matière de logements sociaux s’est poursuivie entre 2001 et 2014, notamment par la réhabilitation de logements existants.
Bref, c’est bien de critiquer tout, en long en large et en travers, mais le discours de Monsieur Viard gagnerait à reconnaître le positif, les points positifs du bilan de l’équipe sortante (il y en a forcément sinon il n’aurait pas pris dans son équipe Pozzo Deschanel, qui a fait le PLU (projet auquel il s’est opposé -> merci la cohérence !)).
Un manque cruel d’honnêteté intellectuelle. Espérons que les électeurs ne seront pas dupes dimanche.
Il ne faut oublier que si le projet Villevert traine c’est principalement à cause de Monsieur Viard qui a ouvert le « boite de Pandore » le jour où il a cru être le plus intelligent en prenant contact avec le préfet pour lui demander son avis sur le site. Réponse du préfet 1000 à 1500 logements. Depuis la Mairie répare les pots cassés!
Attention le site de Villevert ne rapportera pas un centime à la commune mais à la communauté d’agglomération. S’il ne sait pas ça, c’est grave.
Ce qui manque à M Viard c’est une assemblée qui lui pose de vraies questions et en particulier, des « comment comptez vous faire? » Il nous révèle dans cette interview vouloir construire 159 logements dans les 6 prochaines années. mais où monsieur Viard? chaque louveciennois est concerné par ce projet car il le fera dans le périmètre actuel de la ville; alors où?
Il dit que les « plains champs » seront quoi qu’il en soit vendus …même si les promoteurs désabusés par le recours déposé par des riverains perdent patience et quittent le projet ( ils en ont le droit) …pourtant il s’était opposé au projet au départ estimant qu’il était préférable d’attendre de savoir combien de logements seraient construit à Villevert avant d’en mettre sur cet ancien terrain de plein air..aujourd’hui il trouve nécessaire de vendre ces « bijoux de famille » pour financer les investissements futurs et rembourser notre dette..quid de son engagement à respecter une densification modérée?
Villevert c’est un autre dossier qui dépasse ses compétences. Il parle et crie au scandale mais qu’a t’il fait pendant cette mandature? aucun dossier sur son site « osons » n’a été consacré à ce projet.Il veut mettre en place une « méthode de travail ». le propriétaire est sûrement ravi de l’apprendre.
Il n’y a pas de blocage de l’Etat puisqu’il avait possibilité de préempter lors de l’achat par Unibail et il ne l’a pas exercé.
Comme indiqué par Mr Viard, la construction d’un tel projet prend du temps et il est logique que les orientations générales apparaissent un an après l’achat.
La concertation avec les Personnes Publiques Associées a déjà eu lieu et s’est effectivement traduite par des avis négatifs dans le cadre du PLU: les arguments opposés alors ont été pris en compte, notamment le refus de l’Etat d’y voir 60% de logements sociaux, ce qui nous aurait aidé à la convergence SRU: une fois cette possibilité écartée, on ne voit pas bien comment Villevert pourrait « desserrer l’étau de l’exigence croissante en logements sociaux », surtout que Mr Viard dit vouloir respecter la volonté de « nos grands Elus »!
Un éventuel avis négatif de l’Etat sur la déclaration de projet devra être justifié par d’autres arguments dont on pourra s’étonner qu’ils n’aient pas été mentionnés précédemment.
Les études d’impact nécessaires à la déclaration de projet sont déjà engagées, et leurs recommandations seront disponibles pour la concertation prévue en juin.
C’est la commune qui est aujourd’hui l’acteur principal, puisque la déclaration de projet est un document public: c’est bien ce moyen que nous utilisons pour contraindre le propriétaire à prendre en compte les intérêts des Louveciennois, qui pourront de plus s’exprimer directement.
Sur ce plan, il nous faut traiter globalement l’usage du terrain: le fait de laisser une réserve foncière dont l’usage resterait incertain n’est pas compatible du « périmètre d’attente », dont la sortie suppose un projet global validé.
Le permis de construire est l’affaire du propriétaire: au vu des frais qu’il a déjà engagés, chacun comprendra son objectif de fin 2014, soit 2 ans après achat, comme aux Plains Champs… Les Louveciennois sont plus intéressés par la Qualité du projet que par la date du Permis, et il ne s’agit donc pas d’une promesse électorale!
Il pourront donc s’impliquer largement dans la démarche méthodique mise en oeuvre pour construire ce beau projet.
La rédaction va mettre en ligne aujourd’hui dimanche au moment de la fermeture des bureaux de votes les commentaires qui nous ont été adressés entre samedi 0h00 et dimanche 20h00 et mis en attente.
C’est assez rigolo que Caroline de Bailliencourt signe « Iznogoud » …
Bien tenté mais perdu, je ne suis pas Caroline de Bailliencourt …. ni d’ailleurs un élu … allez cherchez bien !
Longtemps je me suis tue …
Au momment où mr Vanhoelleke va peut-être repasser, je ne peux pas m’empêcher de m’indigner de voir sur sa liste une personne de l’école que fréquentent mes enfants et qui s’auto-proclame « membre de l’APEL ».
Cette personne n’est en aucun cas membre du bureau de l’APEL, c’est son mari ! Elle est simple cotisante d’office, comme tous les parents d’élèves de l’école.
Ce n’est pas pour dénoncer, mais quant on prend de telles libertés avec la vérité sur sa propre personne, que penser des idées qu’on defend ?
C’est un peu tiré par les cheveux votre remarque « maman en colère ». Vous aurez mal compris. De toute façon, c’est monsieur , c’est pas madame…bon. Ils habitent ensemble et élèvent leurs enfants? monsieur n’a pas décidé, je pense, de cette mission au sein de l’APEL sans l’accord de madame. A moins que madame cherche à voler la vedette à monsieur en s »auto proclamant membre du bureau de l’APEL? bref, c’est troublant mais sans gravité. En tout cas, de là à parler de « vérité »