Louveciennes en 1901 : Une entrée en douceur dans le 20ème siècle

Ernest Dreux est maire de Louveciennes depuis 1892. En cette année 1901, il est âgé de 75 ans.

Au centre du village, la mairie, l’école des garçons, l’école des filles, le corps de garde et son « violon » (prison) se concentrent dans le même bâtiment. Ce dernier jouxte l’église.

Plusieurs commerces alimentaires ainsi que la fontaine du village servent au quotidien des Louveciennois (photo ci-dessous). L’église, après les rénovations des années 1880 et 1890, est telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Certaines rues portent des noms autres que ceux que nous connaissons de nos jours : par exemple, la rue du Général Leclerc s’appelle en 1901 la Grande rue, la rue du Professeur Tuffier s’appelle rue de l’église…etc. Concernant la Petite Rue qui reliait la rue de Putelot à la rue de l’Étang, une rue portant ce nom existe toujours dans le vieux Louveciennes, mais son tracé est différent.

Étude du dénombrement

Le dénombrement, effectué en mars 1901, diffère peu de celui réalisé en 1896. Il fournit les renseignements classiques d’un recensement : demeure, nom de famille, prénom, âge, nationalité, situation par rapport au chef de ménage et profession. Pour les  employés et les ouvriers, le nom du patron ou de l’entreprise qui les emploie est indiqué. Les femmes mariées apparaissent sous leur nom de naissance. Si le conjoint ne figure pas dans le recensement (absent ou décédé), l’agent recenseur indique « femme ou veuve » suivi du nom du conjoint.

La population : nombre et âge

La commune compte 1166 habitants et 363 ménages. Elle se densifie peu à peu. En un peu moins d’un siècle, le nombre d’habitants au km2 est passé de 134 en 1817 à 217 en 1901. On est encore loin des 1378 habitants/km2 qu’aura Louveciennes en 2013.

Le sexe féminin représente 51% de la population et par voie de conséquence, les hommes 41 %.

Par tranche d’âge, on a la répartition suivante :



33% de la population a moins de 20 ans. L’âge médian est de 29 ans pour le sexe féminin et de 28 ans pour le sexe masculin. En 2013, il est estimé par l’Insee à environ 41 ans pour les femmes et 38 ans pour les hommes.

Louveciennes a une nonagénaire, Marie Perrette, 91 ans. Quant au doyen masculin, c’est Jean Victor Bruelle, 86 ans.

Les patronymes et les prénoms

Le dénombrement fait ressortir 590 patronymes différents. Ce nombre important vient du fait que les femmes mariées sont enregistrées sous leur nom de naissance, ce qui ne sera plus le cas lors les recensements suivants. Les patronymes portés par au moins 10 personnes sont : Gaudet, Leroy, Lecointe, Le Brigand, Doléans, Leduc et Brenu.

Les prénoms portés par plus de 20 personnes sont, pour le sexe féminin, Marie et Louise, sans parler des prénoms composés intégrant Marie. Pour le sexe masculin, on a Louis, François, Eugène, Jean et Charles. Certains prénoms qui nous paraissent courants aujourd’hui tels qu’Annette, Aurélie, Claude, Émilie, Isabelle, Antoine, Étienne, Laurent et Vincent ne sont portés que par une seule personne. D’autres prénoms portés aussi par une seule personne tels que Thécla, Ozite , Éphenie et Alciste sont toujours aussi atypiques de nos jours.

Il y a quatre ressortissants de nationalité étrangère : un Suisse, Louis Monod, employé, époux de Joséphine Lecointe ; un Belge, Hippolythe Vatrin, journalier ; deux Anglaises, Mary Jane Lang épouse de Léon Delavenne, rentier et Caroline Armand épouse de François Jacquin, jardinier.

La taille des ménages

Les ménages les plus importants comptent neuf personnes. Nous trouvons celui d’Henri Mathieu, laitier, avec son épouse Marie Consteix, leurs cinq enfants, et les parents de Marie Consteix. La palme du plus grand nombre d’enfants revient au couple Henri Decaris et Célestine Renot et au couple Victor Leroy et Berthe Navet.

Les professions

82 % des hommes et 31 % des femmes, de 13 ans et plus, travaillent. À l’âge de 13 ans, seules deux jeunes filles travaillent, elles sont blanchisseuses. L’une d’entre elles, Blanche Le Brigand, apporte son aide au sein de l’entreprise familiale avec ses parents, frère et sœur. En ce qui concerne l’autre, Georgette Ollivier, elle aide sa mère qui est aussi blanchisseuse.

Les professions les plus représentées sont :

  • Chez les hommes : les jardiniers (21,5 % des personnes travaillant), les journaliers (10,3 %), les cultivateurs (9,8 %) et enfin les employés (sans plus de précision) (5,6 %) ;
  • Chez les femmes : les domestiques (21,7 %), les blanchisseuses (18,4 %), les couturières (13,8 %), les cultivatrices (12,5 %) et enfin les journalières (7,2 %).

Parmi les employeurs, nous trouvons les collectivités telles que l’État, la Commune et la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest, puis des particuliers : MM. Lavigne (boulanger), Navet (élagueur), Lecointe, Boivin et Gaudet (ces trois derniers sont pépiniéristes). Les familles Mallet, Thelier, Baillière, Beer, Couturier et Kempf ne figurent pas dans le recensement, mais elles sont néanmoins propriétaires à Louveciennes de résidences de campagne et emploient du personnel pour l’entretien de leur demeure.

Des employés communaux veillent à la propreté et à la quiétude du village. Nous trouvons trois cantonniers, Jean Michot, 66 ans, Eugène Hermande, 49 ans et Guillaume Leroy, 47 ans ainsi qu’un garde champêtre, Joseph Dassonville, 63 ans.

La commune est dotée d’une poste. La receveuse, Aline Carpentier, y loge place de l’église avec son conjoint Auguste Ferté (agent des contributions). Deux facteurs sont chargés de la distribution du courrier : Jean Desforges, 30 ans et Émile Boulay, 36 ans.

Le curé du village, Alfred Louis Mauger (54 ans) loge, avec sa domestique Denise Imbert (59 ans), au presbytère.

La ligne de chemin de fer (photo de la gare ci-dessous), qui dessert Louveciennes depuis 1884, emploie un chef de gare, Joseph Goriu (57 ans) et une garde-barrière, Marie Jeannie (37 ans). Cette dernière habite dans la petite maison à côté du passage à niveau de la rue de la Paix avec son conjoint François Domalin, également employé à la compagnie de chemin de fer.


En un peu moins de 100 ans, des métiers très présents au début du 19ème siècle n’apparaissent plus. C’est le cas des vignerons du fait de la disparition des vignes. De même, la Machine de Marly qui employait, pour son entretien, bon nombre de corps de métiers comme des fontainiers, des poseurs de tuyaux, des menuisiers…etc. n’emploie plus qu’un mécanicien et quelques agents employés de l’État dont la fonction n’est pas précisée.

Les commerçants

Comme constaté lors des dénombrements précédents, les commerces traditionnels (boulanger, épicier, coiffeur, boucher, marchand de vin, cabaretier, pharmacien, charbonnier) se concentrent autour de l’église, toutefois le quartier de Voisins-la Machine possède une débitante et un charcutier.

L’instruction des enfants

L’école publique emploie d’une part un instituteur, Alphonse Lallier (46 ans) qui vit avec son épouse, leurs deux enfants et un domestique et d’autre part une institutrice, Louise Félicité Tirot, épouse Pichet, 39 ans, qui habite avec sa fille de 12 ans.

L’institution Saint-Joseph emploie une enseignante, Marie Turmeny (42 ans).

L’orphelinat Beer fait appel à Léon Roger, 48 ans, instituteur et à Victor Lamouroux, 33 ans, professeur.

Annette Thirion

Pour en savoir plus sur le Cercle Généalogique et Historique de Louveciennes (CGHL), on consultera son site à l’adresse suivante :

http://www.cghlouveciennes.fr/

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