Avec les investissements, Mme le maire et son équipe retrouvent une liberté d’action pour déployer leur politique, définir leurs priorités et en définitive, marquer le mandat de leur empreinte.
Les limites se situent au niveau des financements accessibles. Quelles sont-elles ?
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- La marge d’autofinancement (après remboursement de la part capital des emprunts en cours) ; faible ces dernières années, elle s’est notablement redressée en 2024. (1)
- Les subventions « fléchées » d’autres collectivités (comme la Région, le Département) ; en raison de leurs difficultés financières, il ne faut plus trop compter sur elles.
- Les produits de la cession de biens immobiliers ; on sait qu’il est notamment envisagé, dans la cadre de la restructuration du patrimoine de la ville, de céder des biens qui ne seront plus utilisés dans l’avenir (Maison des enfants, Maison Julien Cain,…) ; il serait d’ailleurs souhaitable de publier un inventaire exhaustif de tous les actifs possédés par la ville plutôt que d’apprendre, au hasard d’une délibération, que la ville est propriétaire de tel ou tel bien.
- L’emprunt. En raison du niveau très bas de son endettement, la ville dispose d’une capacité d’emprunt non négligeable auprès des banques. Elle envisage d’ailleurs de le faire pour financer en partie le projet Doumer.

(Wassily Kandinsky, Petit rêve en rouge, Kleiner Traum in Rot, 1925, Kunstmuseum, Bern)
Nous avons détaillé dans notre analyse du budget d’investissement 2025 les principales réalisations qui sont envisagées pour l’année en cours. On voudra bien s’y reporter (2).
Les priorités découlent en premier lieu d’un constat. Le patrimoine de la commune est vieillissant. Comme l’explique Marie-Dominique Parisot, maire de Louveciennes, « dès notre installation, nous avons fait faire un état du patrimoine ainsi qu’un diagnostic de performance énergétique des bâtiments (…) Nous n’avons pu que constater que le patrimoine municipal dispersé, énergivore, nécessitait d’importants et coûteux travaux pour le remettre à niveau et assurer sa durabilité. » (3) Il faut par conséquent rénover ce patrimoine ou pour partie le restructurer, le céder. Dans cet esprit, « les investissements ont été étudiés en tenant compte des économies de fonctionnement qu’ils peuvent générer » (3). D’où la planification de travaux importants (isolation, toitures….). S’inscrit également dans cette ligne, la rénovation de l’éclairage public avec un montant total de 1,7 M€ dont on espère des économies substantielles (« le retour sur investissement » en revanche n’a jamais été documenté, tout au moins communiqué au public) (4).
Les chaussées et trottoirs se dégradent fortement ; on pare au plus pressé (l’aménagement de la rue Leclerc) mais il est clair que les sommes qui leur sont dédiées sont loin de celles consacrées du temps d’André Vanhollebeke. Nous sommes il est vrai dans un monde où on parle sans cesse de mobilités douces sans voir beaucoup de cyclistes en action (sauf les week-end).
Dans la liste des investissements prévus pour 2025 on relève le renouvellement du parc automobile, l’achat de nouveaux logiciels et une place accordée aux investissements dédiés à l’environnement : l’Atlas de la biodiversité, la plantation de 80 arbres afin de créer de îlots de fraicheur.
Il y a enfin le projet emblématique porté par l’exécutif municipal : « La Maison des Arts et de la Jeunesse Paul Doumer ». Rendue possible par le déclassement de l’école Doumer maintenant désaffectée, cette Maison accueillera progressivement les activités de la Fabrique – MJC, de la Maison des Enfants, les ateliers de l’association Arts et Loisirs, les Scouts unitaires de France de Louveciennes, l’Atelier des peintres de l’Académie Gabriel Fauré, … En 2025 sont prévues les études techniques et programmatiques, les travaux pour leur part seront réalisés de 2026 à 2028. Le coût du projet est estimé à 4,8 M€ (4). Même si les oppositions au conseil municipal se sont vivement élevées contre la fermeture de l’école Doumer, il paraît difficilement concevable qu’on revienne en arrière.
Ajoutons également que le regroupement des enfants sur les écoles Leclerc et des Soudanes a entraîné des travaux d’aménagement importants qui ont amélioré le confort des enfants, de leurs enseignants et du personnel de services (4).
FK
(1) Pour plus de détails, voir l’article du 23 avril 2025 « De bonnes surprises et des signes de fragilité révélés par l’analyse des comptes 2024 et du budget de fonctionnement 2025 » >>> https://louveciennestribune.fr/de-bonnes-surprises-et-des-signes-de-fragilite-reveles-par-lanalyse-des-comptes-2024-et-du-budget-de-fonctionnement-20/
(2) Pour plus de détails, voir l’article du 2 mai 2025 « Les investissements prioritaires en 2025 » >>> https://louveciennestribune.fr/les-investissements-prioritaires-en-2025/
(3) Entretien avec Mme le maire – Article du 11 octobre 2024 >>> https://louveciennestribune.fr/entretien-avec-madame-le-maire-de-louveciennes-2-la-rentree-scolaire-suite-a-la-fermeture-de-lecole-doumer/
(4) Isabelle de Tonquedec, Maire-adjoint aux Travaux a fait remarquer que certains investissements ne relèvent pas uniquement d’un calcul financier car ils sont nécessaires en raison de la dégradation avancée des installations (électriques par exemple).
(5) Plusieurs étapes sont prévues. En 2025, est prévu le choix d’un maitre d’oeuvre, la constitution des dossiers des entreprises pour les travaux à venir et la recherche de subventions. Le démarrage des travaux interviendra en 2026 pour s’achever en 2028. L’accueil des activités se fera progressivement : en 2026 la Maison des enfants, les Scouts unitaires de France section de Louveciennes et les premiers ateliers de Louveciennes Art et Loisirs ; en 2028 le transfert de la Fabrique MJC et du reste des ateliers de Louveciennes Art et Loisirs.
(6) Mme le Maire, dans l’entretien qu’elle nous accordé (3) a détaillé ces aménagements : « Nous avons ainsi équipé les classes de faux plafonds avec éclairages en leds intégrés, afin d’assurer une correction acoustique permettant d’améliorer le confort des utilisateurs tout en réalisant des économies d’énergie. Le self du restaurant élémentaire des Soudanes a été agrandi pour une gestion plus fluide des repas. Au groupe scolaire Leclerc, le dortoir de la maternelle a été totalement réaménagé pour une meilleure qualité de sommeil des enfants. Le bureau de la directrice de l’école élémentaire a été refait. Sur les deux groupes scolaires, les locaux des ATSEM ont été réorganisés, des espaces de rangement aménagés pour des facilités d’usage, etc. »