L’hémorragie continue au sein du groupe majoritaire du conseil municipal de Louveciennes. Après l’éviction de leur fonction de Max Brunner, maire-adjoint aux Finances et de deux conseillers délégués, Daniel Godard et Laurent Lesage, après la démission de Florence Esnault, première adjointe chargée des Affaires sociales, c’est au tour de Martine Contet, maire-adjoint à l’Ecologie et à l’Environnement de donner sa démission. Elle a également décidé de quitter le conseil municipal. Les motifs avancés ressemblent à ce qu’on a déjà entendu : « Les modes de fonctionnement, les relations humaines au sein de l’équipe et l’absence de transparence m’amènent à prendre cette décision car tout ceci va à l’encontre de mes valeurs. » (1)
Le maire, Pierre-François Viard, avoue regretter cette démission d’autant plus que Martine Contet portait un projet central du programme de la majorité, à savoir l’écologie ; il a appris cette décision en prenant connaissance du mail qu’elle avait adressé à ses collègues du conseil mais il s’est toutefois refusé à la commenter (2).
La démission officielle n’ayant pas encore été validée par le Préfet, un nouveau maire-adjoint n’a pas encore été désigné. Pour le moment, le maire n’a pas révélé de nom, on sait qu’il s’agira d’une femme, parité oblige.
Quant au remplacement de Martine Contet au conseil municipal, il sera assuré par Frédéric Meille, 65 ans, « Retraité des Travaux Publics et de la Prospection Géophysique » ; faisant partie de la liste du maire aux municipales (« Avec Vous pour Louveciennes »), il a depuis rallié le groupe d’opposition « Louveciennes Réunie ».
Vainqueur des élections au soir du 28 juin 2020, Pierre-François Viard disposait d’une majorité très confortable de 22 élus sur les 29 composant le conseil municipal. Il était entouré d’une équipe de 8 adjoints, a priori compétents et solidaires.

(Le maire entouré de ses adjoints lors de la séance inaugurale du nouveau conseil municipal, le 4 juillet 2020. A sa gauche, Florence Esnault, Boleslas Palewski, Martine Contet, Victor Da Ponte. A sa droite, Laurence Laffont, Pascal Hervier, Isabelle Mespelaere, Max Brunner)
Neuf mois plus tard, le groupe est réduit à 15 membres, 7 dissidents se sont placés sous la bannière « Louveciennes réunie ». Le conseil municipal compte également 6 élus d’opposition « Vivre à Louveciennes », la liste conduite par Marie-Dominique Parisot qui avait recueilli lors des municipales 44,19 % des votants. Une représentante de LREM, Murielle Charles-Beretti, figure au conseil, ses votes sont variables, en fonction des délibérations proposées.
La majorité du maire est plus que fragile comme on a pu le voir, le 9 mars 2021, à l’occasion du vote sur le Rapport d’orientation budgétaire (ROB), 14 élus se sont prononcés pour, 14 contre, 1 bulletin blanc (3).
Dans une déclaration liminaire au cours de la séance du 9 mars, Murielle Charles-Beretti (LREM) après avoir souligné qu’elle ne souhaitait pas prendre part «aux disputes de l’équipe actuelle qui gère la mairie » a constaté que celle-ci n’est « toujours pas stabilisée. Pas plus tard que la semaine dernière, le 7ème départ était acté. (…) Il en faudra combien de plus pour que vous compreniez qu’il faut maintenant changer le style de gouvernance de votre équipe.»
Sur le même sujet, Max Brunner, ancien maire-adjoint aux Finances, évincé dans les conditions qu’on connaît, a filé une métaphore aéronautique pour décrire la situation de Louveciennes, sachant que le maire est un pilote d’avion de tourisme expérimenté et passionné. « Imaginons que Louveciennes soit un énorme avion de près de 7.500 passagers ; à son bord il y a 3 personnes dans le cockpit (vous, votre copilote et une directrice de la communication). Il y avait aussi 20 personnels d’équipage dont 7 sont déjà partis et la porte n’est pas encore fermée. La météo nationale est très mauvaise. Elle est bien pire au-dessus de notre village. Ces fortes turbulences vous empêchent de décoller, depuis 8 mois, l’avion est sur le tarmac. (…) Pour ce qui est du vol, le premier problème est la destination. On ne sait toujours pas où l’on va. Le deuxième est que vous n’avez plus suffisamment de personnel d’équipage pour assurer un vol si long, de près de 5 années. Enfin, pour la technique de vol, vous avez deux options : celui du vol à vue, où vous êtes devenu un véritable expert à bord de l’avion Louveciennes, mais qui est hasardeux avec une telle météo, ou bien la possibilité d’opter pour le pilotage aux instruments en vous fiant aux données du tableau de bord.
A la place du vol à vue, M. le Maire, ne serait-il pas préférable pour l’avion Louveciennes que vous optiez pour un vol aux instruments qui permettraient de transporter vos passagers en toute sécurité ? »
Et maintenant
La question est de savoir si « la poutre travaille encore » selon une formule empruntée à Edouard Philippe, l’ancien Premier Ministre. Le vote du budget, le 30 mars prochain, sera crucial à cet égard.
FK
- Mail du 1er mars 2021 adressé par Martine Contet à ses collègues du conseil municipal.
- Déclaration faite en conseil municipal le 9 mars 2021.
- Au vu des résultats, le maire avait annoncé que le ROB n’était pas voté. Un retour vers les textes conduisent à considérer le ROB adopté en cas d’égalité, ce qui était le cas.
Nouvelle défection – vendredi 12 mars 2021
On vient d’apprendre qu’ Annie Beyer-Delaloi quittait le conseil municipal de Louveciennes. Elle venait pourtant de recevoir, par arrêté du maire, la délégation aux logements et à l’accessibilité. Elle sera en principe remplacée par Carole Couesnon qui s’est placée sous l’égide du groupe d’opposition « Louveciennes Réunie ».
L’équilibre des forces au sein du conseil municipal s’établit ainsi : 14 élus faisant partie du groupe du maire, 14 élus faisant partie des oppositions soit 8 élus « Louveciennes Réunie », 6 élus du groupe VAL. Murielle Charles-Beretti (LREM) est ainsi devenue l’arbitre de la situation. A ce jour car les choses peuvent encore changer…
« Au vu des résultats, le maire avait annoncé que le ROB n’était pas voté. Un retour vers les textes conduisent à considérer le ROB adopté en cas d’égalité, ce qui était le cas. » (14 pour, 14 contre, 1 abstention)
En serait-il de même pour le vote du budget ?
La conseillère LREM, qui s’était maintenue au deuxième tour des municipales sans faire alliance (assurant ainsi la réélection du maire sortant) afin de jouer un rôle au Conseil, en a désormais un au delà de ce qu’elle avait imaginé.
# Pascal
Mettre le sort de Louveciennes entre les mains de madame Charles-Beretti fait peur. Cette dame est nulle archinulle et d’une suffisance incroyable. Elle pensait triompher aux élections municipales parce qu’elle était une femme et qu’il fallait enfin donner à Louveciennes un maire de sexe féminin. Elle n’a que le mot parité à la bouche mais dans le fond c’est pour se frayer une voie. Les femmes doivent avoir toute leur place à condition d’être COMPETENTE. Manifestment elle ne l’est pas…..
Bonsoir.
Nous apprenons, par le site de Louveciennes réunie, qu’il y a encore une démission d’une conseillère municipale (de la majorité) qui venait d’avoir la délégation du logement et de l’accessibilité !
Le maire, comme à son habitude, a toujours un problème de gouvernance et de transparence. Il ne se remet pas en cause préférant rejeter la faute aux dissidents.
Chaque semaine, va-t’il y avoir une démission dans sa majorité ?
Pendant ce temps, les dossiers importants (Villevert…) n’avancent pas beaucoup.
@ Pierre
Madame Charles-Berretti est en même temps en opposition au maire (pendant la campagne) et en même temps pour le maire car elle l’a fait réélire.
Comme pour le ROB, je suppose qu’elle va s’abstenir sur le budget.
Le maire, avec cette démission, n’a plus la majorité sauf si les dissidents votent pour le budget. Le prochain conseil municipal fin mars va être encore tendu !
Si le budget n’est pas adopté, est-ce le préfet qui prend la main ?
@ Au secours
Madame Charles-Berretti n’apporte pas grand chose aux débats lors des conseils municipaux.
Il faut de l’expérience et de la compétence pour pouvoir être maire et non seulement être une femme pour avoir absolument la parité. En a-t’elle la capacité ?
Pour la suite, il est intéressant de savoir ce qu’il peut se passer légalement: https://www.village-justice.com/articles/destitution-maire,18286.html
# Pascal
Votre référence à cet article est très utile. Il estcependant incomplet.
Supposons, supposons que le 30 mars prochain le conseil municipal ne vote pas le budget, on se trouve alors dans la situation où le Préfet saisit sans délai la chambre régionale des comptes qui, dans le mois, et par un avis public, formule des propositions pour le règlement du budget. Le représentant de l’Etat règle alors le budget et le rend exécutoire. Si le représentant de l’Etat dans le département s’écarte des propositions de la chambre régionale des comptes, il assortit sa décision d’une motivation explicite. A compter de la saisine de la chambre régionale des comptes et jusqu’au règlement du budget par le représentant de l’Etat, l’organe délibérant ne peut adopter de délibération sur le budget de l’exercice en cours.
Politiquement il s’agirait d’un grave désaveu pour le maire mais il peut rester en place. Mais dans quel état ?
Pour la suite, les grandes manoeuvres ont commencé. Sous le titre « De nouvelles élections municipales inéluctables? », l’hebdmadairte « Toutes les nouvelles » des Yvelines, cite un « proche » du maire selon qui ce dernier privilégie « un retour aux électeurs » devant le blocage de la situation.
Cela a fait réagir le groupe dissident Louveciennes Réunie: « Ce projet est contraire à nos souhaits, car nous ne demandons pas la dissolution de l’actuel conseil mais seulement le départ du triumvirat qui a causé tant de dysfonctionnements et d’immobilisme », écrit-il (https://www.louveciennesreunie.fr/post/y-aura-t-il-de-nouvelles-%C3%A9lections-municipales-%C3%A0-louveciennes).
Rendez-vous donc le 30 mars pour le vote du budget. De nouveaux rebondissements préalables ne sont toutefois pas exclus au point où l’on en est.
@Pascal Le passage devant les électeurs serait certainement – dans le cas de dissolution – la solution la plus démocratique, et l’argument de la crise sanitaire avancée par « Louveciennes Réunie » pour ne pas y procéder paraît faible. Le taux d’abstention lors des Municipales de juin n’a pas empêché les futurs « dissidents » de siéger en toute bonne conscience. Si on ne procède pas à de nouvelles élections, cas de figure évoqué, cela se traduirait par une instabilité ou une « combinaison » entre les élus des oppositions pour élire un maire et des maire-adjoints. Quelle serait alors leur légitimité ? Certes il y a des convergences dans leurs programmes respectifs mais gérer la commune dans ces conditions, pendant 5 ans, ne paraît pas optimal pour Louveciennes. Pour le moment on est réduit à des suppositions. On attendra le vote du budget le 30 mars. S’il est défavorable au maire, tout dépendra de SA décision. Il n’est pas obligé de démissionner ou d’inciter ses fidèles à une démission collective.