Michel Audiard, scénariste et dialoguiste à succès 

Synthèse 

Michel Audiard a participé à 54 films, dont des comédies, des policiers et des drames, souvent avec des acteurs comme Jean Gabin, Lino Ventura ou Michel Serrault.

(Michel Audiard)

Le personnage 

 « Artiste aux multiples facettes, Michel Audiard  est une figure emblématique du cinéma français  connue pour ses talents de dialoguiste, scénariste, réalisateur et même sculpteur. »

Né à Paris en 1920, Michel Audiard, à partir des années 1950, est devenu un scénariste et un dialoguiste recherché par un certain nombre de réalisateurs, on peut citer Jean-Pierre Melville, Gilles Grangier, Henri Verneuil, Georges Lautner et Claude Sautet.

Michel Audiard avait commencé à travailler comme livreur de journaux et a longtemps fréquenté des milieux populaires, ce qui lui a fourni une forte culture d’un certain « parler populaire ».  La légende raconte qu’il traînait souvent dans les bistrots pour glaner les expressions qui allaient nourrir ses dialogues ( « un dialoguiste, ce n’est pas un inventeur, c’est un voleur. Il faut écouter parler les gens, prendre des mots »). Sa gouaille de « titi parisien » plutôt anarchiste se traduit souvent dans un argot bien trempé. Nombre de ses répliques sont restées célèbres.

Ses citations 

« Plus t’as de pognon, moins t’as de principes. L’oseille, c’est la gangrène de l’âme. » (Des pissenlits par la racine, Georges Lautner, 1964)

« C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule »

« Deux milliards d’impôts nouveaux ! Moi, j’appelle plus ça du budget, j’appelle ça de l’attaque à main armée. »(La chasse à l’homme – Édouard Molinaro, 1964)

« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute. »

« C’est pas un crime de voir ça ? »

« Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. »

« Les conneries c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer. »

(Lino Ventura, Bernard Blier et Francis Blanche dans Les Tontons flingueurs)

« Mais dis donc, on n’est quand même pas venu pour beurrer les sandwichs ! » (Les Tontons flingueurs, 1963)

« Je ne parle pas aux cons, ça les instruit. »  (Les Tontons flingueurs) 

« Attention ! J’ai le glaive vengeur et le bras séculier ! L’aigle va fondre sur la vieille buse !… – – Un peu chouette comme métaphore, non ? – – C’est pas une métaphore, c’est une périphrase – – Fais pas chier !…- – Ca, c’est une métaphore » (Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, 1968)

Son impact 

Audiard a développé une collaboration suivie avec Jean Gabin pour une série de films, comme Le cave se rebiffe  (déjà projeté au Ciné club « La parenthèse enchantée »). Pour le film Garde à vue  (de Claude Miller avec Lino Ventura et Michel Serrault, également projeté récemment au Ciné club), Michel Audiard « obtint la reconnaissance de ses pairs en remportant le César du meilleur scénario en 1982 ».

Les amis proches de Michel Audiard étaient Frédéric Dard et Jean Gouyé dit « Jean Yanne » qui partageaient son goût pour le « parler populaire ». Au cours de sa carrière, Michel Audiard a écrit les dialogues de plus de 120 films.

« Devenu un scénariste populaire par exemple avec les films Les tontons flingueurs  et Les barbouzes  de Georges Lautner, Michel Audiard s’attira les foudres des jeunes cinéastes de la Nouvelle vague pour lesquels il symbolisa alors le « cinéma de papa ».

« Ses dialogues percutants et savoureux sont encore aujourd’hui synonymes d’humour et de finesse, faisant de lui l’un des maîtres de la réplique culte dans le cinéma français. » 

Parmi les nombreux créateurs qui ont ensuite exprimé leur admiration et reconnu une certaine filiation, on peut citer : 

  • Alexandre Astier, créateur de la série parodique « Kaamelot » qui affirme s’en inspirer pour ses dialogues ;
  • Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h pour leur série « Caméra café.

On peut également mentionner qu’une place du 14ème arrondissement de Paris porte le nom de Michel Audiard et qu’un certain nombre de communes françaises ont « une voie Michel Audiard »

Le film 

A force de proposer des scénarios pour des films réalisés par d’autres, Audiard se lança dans l’aventure de la réalisation avec le film Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages  sorti en 1968 ; ce fut un succès commercial (plutôt inattendu). L’expression courante depuis les années 30 correspondait à une autre expression populaire : « Il ne faut pas pousser mémère dans les orties », c’est-à dire : « il ne faut pas exagérer ! »

(Bernard Blier et Françoise Rosay dans Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages)

En fait, Michel Audiard n’avait envie de réaliser que ce seul film, qu’il revendiqua et lui permit d’explorer ses propres idées personnelles de mise en scène tout en s’amusant. À la suite de son succès inattendu, selon un « enchaînement des fatalités » (dixit Audiard), le réalisateur fut incité à faire les huit autres films (que l’on considère généralement comme moins réussis).

Ce film est une comédie populaire burlesque avec un humour décalé typique de l’univers d’Audiard, qui est dans la ligne de nombre de films de la même époque (comme, par exemple, le populaire Les tontons flingueurs  de Georges Lautner en 1963.

Le film fut réalisé avec la complicité d’un certain nombre d’acteurs favoris d’Audiard comme François Rosay, Bernard Blier, Marlène Jobert, Robert Dahan, Paul Frankeur, André Pousse ou Jean Carmet.

(Bernard Blier et Marlène Jobert dans Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages)

Il se trouve que ce film emblématique d’un certain cinéma français va être projeté à Louveciennes vendredi prochain 4 septembre à partir de 20h30 dans le cadre du Ciné club « La Parenthèse enchantée » à la salle Saint-Saëns de la mairie. La projection sera suivie d’échanges amicaux autour de quelques boissons, alors pas d’hésitation : venez inaugurer notre rentrée en partageant un moment de détente et d’échanges sympathiques.

Daniel GODARD

Ciné club de Louveciennes « La Parenthèse enchantée »

Bande-annonce du film Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

https://youtu.be/hn7i19-OHHI?si=7oW7JJde9ayUn3mf

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