Campagne électorale : premières banderilles

La campagne électorale à Louveciennes a été jusqu’à présent largement atone. Deux listes se sont manifestées. Celle du maire sortant, Marie-Dominique Parisot, qui va concourir sous l’étiquette « Réussir Louveciennes Ensemble » et celle de Pascal Leprêtre, l’éternel opposant de gauche, à la tête de « Louveciennes écologique, citoyenne, solidaire ».

Aucune autre liste ne se pointe pour le moment à l’horizon. 

La liste de « Réussir Louveciennes Ensemble » vient d’être publiée (1). Peu de surprises. A quelques exceptions près, on prend les mêmes et on recommence pour un nouveau mandat. Parmi les départs, pour des raisons personnelles : Isabelle de Tonquédec, maire-adjoint en charge des Travaux et Laurent Lesage, maire-adjoint en charge de la Jeunesse et des Sports. Une arrivée remarquée : celle de Denis Monégier du Sorbier, propriétaire du Château du Pont de Louveciennes.

Le tract (2) qui accompagne la composition de la liste comporte une amorce de programme, peu enthousiasmante. On espère mieux afin que le débat prenne du sens. 

La gestation de la liste de gauche semble difficile pour atteindre les 29 noms nécessaires, avec une parité homme/femme parfaite. Nous avons toujours soutenu qu’un conseil municipal à 29 pour une commune de la taille de Louveciennes était un nombre excessif, en effet combien  de candidats une fois élus jouent les utilités avant d’être découragés au fil des mois. 

Pour ce qui est du programme, «Louveciennes écologique, citoyenne, solidaire » a lancé un questionnaire qui a pour objectif de donner la parole aux « Chères Louveciennoises » et « Chers Louveciennois » afin de comprendre leurs priorités, leurs attentes et leurs préoccupations. C’est très ambitieux car jamais une telle démarche n’a apporté des réponses utiles. Le leader du mouvement, fort de sa très longue expérience, a suffisamment de talent, pour mettre en musique le programme. 

La communication municipale en période électorale en question

On a assisté lors de la séance du conseil municipal du 29 janvier 2026 à une intervention préparée de Pascal Leprêtre sur un sujet sensible, à savoir la question de la neutralité de la communication municipale en période électorale.

Screenshot

(Capture de la video de la séance du conseil municipal du 29 janvier 2026 – De gauche à droite, Christian Persiaux, Stéphane Pihier, Marie-Dominique Parisot puis les représentants de l’opposition, Benoît Nusbaumer, Boleslas Palewski et Pascal Leprêtre)

« Depuis le mois de janvier j’ai pu constater que les évènements ou supports produits par votre municipalité qu’il s’agisse de la cérémonie des voeux, de Louveciennes Echos ou des réseaux sociaux dépassent à mes yeux le cadre strict de l’information institutionnelle. Leur contenu, leur tonalité m’interpellent car ils mettent en avant de manière assez appuyée vos réalisations, votre bilan de mandat et votre équipe sans la distance nécessaire à quelques semaines d’un scrutin. Cela me semble problématique au regard de la législation électorale.

Je ne conteste nullement le droit de la mairie à informer mais en période préélectorale la sobriété s’impose. Les documents municipaux ne doivent pas laisser planer le doute sur leur objectivité. Or ce que j’ai observé ces dernières semaines s’éloigne de cette exigence contrairement à ce qui se pratique dans d’autres communes voisines ou se pratiquait à Louveciennes antérieurement.

Alors il ne s’agit pas de polémiquer avec vous ce soir, mais de rappeler une règle simple, la communication publique doit rester au service de tous et surtout ne pas servir un candidat. C’est pourquoi je vous demande, Madame le Maire, de faire preuve de plus de réserve et de neutralité dans les semaines à venir en matière de communication municipale. Je vous remercie. »

Dans sa réponse, Marie-Dominique Parisot, maire actuel, soutient que lors de la cérémonie des voeux, elle n’a parlé exclusivement que des réalisations de l’année 2025. « J’étais tout à fait dans la droite ligne de ce que j’ai fait les années précédentes. J’ai été extrêmement prudente dans les informations que j’ai données pour rester uniquement dans le factuel et ce qui a été fait sur l’année 2025. La même règle a été suivie dans « Louveciennes Echos » qui sort ce week end. C’est du factuel sur ce qui s’est passé, et uniquement sur ce qui s’est passé. Il n’y a aucune promotion de l’activité municipale. » Il y a des réalisations, des dossiers qui arrivent à terme. Il faut informer. C’est factuel.

Pascal Leprêtre dit « ne pas du tout partager cette analyse. Moi je me réfère à la communication institutionnelle. Dans d’autres communes, la cérémonie des voeux est annulée, les éditos dans les bulletins municipaux sont supprimés, les photos des élus ne figurent plus dans le bulletin municipal. Voilà un certain nombre de choses qui font que les maires qui sont à la fois maire et candidat n‘apparaissent plus dans la communication institutionnelle qu’elle soit sur papier ou qu’elle soit numérique.  Et donc je pense qu’il aurait été assez intéressant de respecter cette règle et vous auriez fait preuve d’une plus grande prudence en respectant scrupuleusement les dispositions du code électoral. »

Pour Madame le Maire, chaque commune est libre d’organiser ce qu’elle souhaite dans le respect de la règlementation. La plupart des communes qui ont supprimé la cérémonie des voeux sont des communes de plus de 9.000 habitants où les listes du maire sortant qui se représente ont à fournir des comptes de campagne. Si elles modifient leur façon de faire, c’est pour que le coût de ces manifestations ne figurent pas dans leurs comptes de campagne.

« Je vous assure que depuis le mois de septembre, je fais très attention à la communication. Je parle aux Louveciennois qui m’interrogent sur ce que nous faisons, de ce qui fait l’actualité. Nous ne parlons pas de ce que nous avons fait pendant le mandat. Mais j’entends tout ce que vous dites. »

Quelles suites à ce coup de griffe ? 

Ira-t-on vers un futur contentieux ? Nous ne le pensons pas. On n’est pas dans la configuration du passé ou deux listes du centre et de la droite se sont affrontées durement avec un recours au Conseil d’Etat qui s’est transformé en une annulation du scrutin.

Ici l’écart probable entre les deux listes au soir du 15 mars sera tel qu’il est difficile d’imaginer qu’on en viendra à s’engager dans une procédure contentieuse pour contester les résultats. Reste que Pascal Leprêtre a donné un coup de griffe.

FK

  1. Il reste à connaître l’ordre d’apparition des candidats sur la liste.
  2. Tract distribué le 2 février 2026

Le « Louveciennes Echos », n° 79, de janvier 2026, a été distribué début février 2026

Cet article a 4 commentaires

  1. Anonyme

    A l’attention de @Antoine et @Vincent le Patriote

    Nous avons été conduits à supprimer vos commentaires à la demande de l’hébergeur (Hostinger) qui avait reçu une plainte pour « viol de la vie privée ». Hostinger a suspendu le site mardi 17 février (10h16) et n’a rétabli son fonctionnement que le vendredi 20 février, au matin. Durant cette période, nous avons essayé de dialoguer avec l’hébergeur (en fait une IA) particulièrement difficile à convaincre et ce n’est que vendredi 20 février que nous avons appris que ce sont vos commentaires qui étaient en cause. Vous critiquiez une personne publique (un conseiller municipal) qui se présente aux suffrages des Louveciennois le 15 mars prochain. L’identité de l’auteur de la plainte n’a pas été révélée. Nous avons toujours pensé à « La Tribune de Louveciennes » que face à une critique, la personne concernée pouvait parfaitement exercer son droit de réponse. Si cette personne estimait que la critique relevait de la diffamation ou d’une information manifestement erronée, le plus simple était de prendre contact avec le responsable de « La Tribune de Louveciennes », dont le nom et les coordonnées sont connues. Une solution aurait été rapidement trouvée sans passer par une dénonciation entraînant un préjudice indéniable.

    « La Tribune de Louveciennes » créée en octobre 2005 a publié à ce jour près de 500 articles et reçu des milliers de commentaires. Nous n’avons jamais été censurés. Le site était hébergé depuis l’origine par Typepad, société américaine qui a cessé son activité fin septembre 2025. Nous avons à ce moment là dû choisir un nouvel hébergeur. dont nous sommes en train d’analyser les conditions permettant la liberté d’expression.

    Il est évident que devant les dérives observées sur les réseaux sociaux, les pouvoirs publics mettent la pression sur les hébergeurs. Ceux-ci ne sont cependant pas assimilés à des éditeurs et bénéficient d’un régime de responsabilité allégé : ils ne peuvent pas voir leur responsabilité civile engagée du fait des informations stockées s’ils n’avaient pas effectivement connaissance de leur caractère illicite ou de faits et circonstances faisant apparaître ce caractère ou si, dès le moment où ils en ont eu connaissance, ils ont agi promptement pour retirer ces données ou en rendre l’accès impossible (Loi 2004-575 du 21 juin 2004, dite « LCEN », art. 6, I-2).

    L’équilibre entre liberté d’expression et protection du droit des personnes n’est pas toujours facile à trouver. Faut-il ériger les hébergeurs en censeur ? en juge ? Au XIXème siècle, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (toujours actuelle) a su concilier la liberté d’expression et la protection des droits individuels, à travers le droit de réponse mais également la possibilité de saisir le juge, en référé puis sur le fond ce qui peut se traduire par un jugement se terminant par une condamnation du directeur de la publication et de l’auteur du texte incriminé.

    La rédaction/François Kremper

  2. Vincent le patriote

    Pour en revenir à l’article, la campagne est un peu morne contrairement à il y a 4 ans 1/2.

    J’espère que les 2 candidats proposeront des projets intéressants pour le développement de la commune tout en limitant l’augmentation du nombre d’habitants.

    En tout cas, certains projets de madame le maire ont été réalisées ou en cours de réalisation (réfection de la chaussée près de la mairie, début des travaux des pistes cyclables bidirectionnelles sur la N186…).

  3. Antoine

    Merci pour ces éléments de contexte.

    Les faits (et rien que les faits) sont visiblement douloureux quand ils démontrent un non alignement entre actes et paroles.

    Aux électeurs d’en tirer les conclusions lors des élections.

  4. La rédaction

    Mise au point
    Dans notre commentaire du 26 février 2026 (ci-dessus) nous écrivions que « Nous avons toujours pensé à « La Tribune de Louveciennes » que face à une critique, la personne concernée pouvait parfaitement exercer son droit de réponse. Si cette personne estimait que la critique relevait de la diffamation ou d’une information manifestement erronée, le plus simple était de prendre contact avec le responsable de « La Tribune de Louveciennes », dont le nom et les coordonnées sont connues. Une solution aurait été rapidement trouvée sans passer par une dénonciation entraînant un préjudice indéniable. »
    Depuis la personne concernée nous a fait parvenir la copie de la « mise en demeure » qu’elle avait adressée à « La Tribune de Louveciennes » par mail le 11 février 2026 à l’adresse > tribune_louveciennes@orange.fr. Nous ne contestons donc pas le fait qu’une « tentative de contact préalable a été faite ». Dont acte. Il se trouve simplement que ce mail ne nous est pas parvenu. Nous avons joint notre opérateur pour avoir des explications, mais pour le moment nous n’en disposons pas.
    La Tribune de Louveciennes existe depuis octobre 2005, et c’est la première fois que nous sommes confrontés à un tel épisode.
    Lorsque la situation sera apaisée, nous reviendrons sur la question de l’équilibre entre critique légitime, même si elle peut être vive, dérangeante et celle qui dépasse la ligne jaune.
    La rédaction/François Kremper

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