Louveciennes dans l’histoire contemporaine (3) : Brigitte Bardot

Un certain 18 juin 1959

Le 18 juin 1959, Brigitte Bardot épousa à la mairie de Louveciennes Jacques Charrier, jeune premier du cinéma français.

La raison du  choix de cette date ô combien symbolique ne nous est pas connue. On observera que BB venait d’achever avec son futur époux le film « Babette s’en va t-en guerre » qui illustrait sur un mode léger la Résistance dans la France occupée, Francis Blanche jouant un nazi d’opérette (« Papa Schulz »). Rien à voir avec « Le chagrin et la pitié » qui allait modifier quelques années plus tard la perception de cette époque troublée.

Quant au choix de Louveciennes, il s’expliquait par le fait que la famille Bardot y possédait une maison bien pittoresque, une maison de bois, mi-datcha, mi-chalet édifiée par la Finlande pour l’Exposition universelle de 1889 de Paris. Cette maison est actuellement occupée par le grand écrivain belge, Henry Bauchau, beau-père de Mijanou Bardot.

Le mariage avait attiré une foule de journalistes et photographes pour couvrir  l’événement, BB était devenue une très grande vedette depuis son apparition troublante dans « Et Dieu créa la femme » de Roger Vadim, son premier mari.

Le reportage photographique paru dans Life et le texte qui l’accompagne rend bien compte de l’atmosphère qui régnait en mairie……

« Il était le charmant fils d’un colonel de l’Armée française. Elle était la fille bien élevée d’un industriel français cossu. Dans la sobre mairie de Louveciennes, commune tranquille de la banlieue parisienne, le maire était en train de procéder au mariage civil des deux. Soudainement, une cohorte de personnes turbulentes munies d’appareils de photos tenta de rentrer, dans un grand fracas. La mariée éclata en pleurs et déclara ne plus vouloir se marier, après tout. Le marié cacha son visage dans ses mains. Le père de la mariée, après avoir essayé de raisonner les intrus hurla « Vous voulez prendre un coup de poing dans la figure ? » Le maire réprimanda le cortège nuptial et menaça de se retirer, en s’exclamant « Je ne vais pas jouer à l’arbitre.»
Finalement l’ensemble des envahisseurs, excepté un vieil ami du marié à qui on avait permis de prendre quelques photos souvenirs, fut éjecté et le couple put prononcer le « oui » officiel. La noce s’en alla ensuite vers la maison de campagne du père de la mariée qui est un fabricant d’équipements médicaux. Là, l’ensemble des invités sirotèrent à petites gorgées des vins blancs et rouges sélectionnés pendant que le marié mordilla galamment les orteils de la mariée. Et c’est ainsi qu’après ce tourbillon on en arriva à une conclusion harmonieuse : Jacques Charrier, 23, était marié avec Brigitte Bardot, 24. » (Traduction libre, « Famous Bride’s, Small Wedding », Life).

 

On complètera ce dossier photographique par une prise de vue de Jack Garofalo qui était à l’époque un photographe-vedette de Paris-Match.

Epilogue

Le mariage dura peu. Le couple divorça en janvier 1963 et BB partit pour d’autres aventures amoureuses. Un fils naquit de cette union, Nicolas, que BB abandonna à Jacques Charrier. Dans son autobiographie « Initiales BB », Brigitte Bardot non contente d’affirmer qu’elle n’avait pas la fibre maternelle s’en prend haineusement à Jacques Charrier et à son fils qu’elle n’a jamais revus.

FK

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Que sont-ils devenus ?

Brigitte Bardot. Sa vie et sa carrière sont suffisamment connues pour nous permettre d’être très bref. Née le 28 septembre 1934 à Paris, elle est la fille de Louis Bardot, industriel, et d’Anne-Marie Mucel. Brigitte Bardot passera son enfance dans le confort d’une famille bourgeoise. Parallèlement à ses études, Brigitte Bardot suit des cours de danse classique au Conservatoire de Paris. Elle débute au cinéma dans un véritable « nanar », « Le trou normand » avec Bourvil dans le rôle principal.
En 1973, après 48 films (parmi lesquels on retiendra « Les grandes manoeuvres », « Et Dieu… créa la femme », « En cas de malheur »,  « La Vérité », « Vie privée », « Le Mépris »), BB décide de mettre un terme définitif à sa carrière cinématographique.
BB embrasse alors avec passion la cause des animaux (en créant une Fondation, en faisant pour la télévision, entre 1989 et 1992, une série d’émissions  » Sos animaux  » qui connaîtra un énorme succès public).

Jacques Charrier, né le 6 novembre 1936 à Metz, au hasard d’une affectation de son père, militaire. Rendu célèbre par sa participation au film « Les Tricheurs » de Marcel Carné (en compagnie de Jean-Paul Belmondo et de  Laurent Terzieff), il tourne comme acteur une quinzaine de  films.
Entre 1969 et 1975, il devient producteur de films notamment de ceux réalisés par Jean-Claude Brialy et Helvio  Soto (« Il pleut sur Santiago »).
A partir de 1976, il se consacre à la peinture et à la céramique, disciplines qu’il avait étudiées dans sa jeunesse aux Beaux Arts de Strasbourg.

« Mijanou » (Marie-Jeanne) Bardot, sœur cadette de BB est née le 5 mai 1938. Dans sa jeunesse elle a tourné quelques films. Elle est mariée à l’acteur belge Patrick Bauchau et vit à Los Angeles. Patrick Bauchau a une centaine de films et de séries TV à son actif  (« La collectionneuse » d’Eric Rohmer, « L’état des choses » de Wim Wenders, rôle pour lequel il est désigné comme meilleur acteur au festival de Venise en 1982 , des films réalisés par Zulawski, Corbiau, Costas Gravas). Installé en Californie depuis 1990, il y a tourné de nombreuses séries à succès.

Henry Bauchau, né en 1913 à Malines (Belgique), a commencé sa carrière d’écrivain à 45 ans. Il a notamment publié « Oedipe sur la route », « Antigone », » Le boulevard périphérique » (Prix Inter du livre 2008) et « Déluge ».

Jack Garofalo, entré à Match en 1953, a « tout couvert » : les conflits, le grand reportage à l’étranger et …les stars.

Légende ?

La maison de Louveciennes de la famille Bardot (appelée « Le Chalet ») est dit-on le pavillon de la Finlande édifié à l’occasion de l’exposition universelle de 1889 à Paris (celle qui vit la construction  de la Tour Eiffel). Le grand-père de BB en fit l’acquisition et le fit remonter à Louveciennes. D’autres sources parlent de pavillon norvégien. Enfin certains pensent qu’il ne s’agit pas du pavillon de l’exposition universelle mais que l’acquisition avait été faite sur plan ou sur maquette auprès de l’architecte, plusieurs copies de ce chalet furent construites à l’époque en Ile-de-France et sur les côtes normandes. Mais comme toujours, la légende est plus belle et nous nous y tiendrons.

La maison appartient actuellement à Mijanou Bardot.

(Le photo-montage a été réalisé par Guy Thirion)

Cet article a 11 commentaires

  1. Pascal

    Dans son livre « Louveciennes mon village », Jacques Laÿ écrit que la maison Bardot avait été le pavillon norvégien, et non pas finlandais, à l’Exposition universelle de Paris. Alors, norvégien, finlandais? Peut-être était-ce un pavillon scandinave conjoint?

  2. Pierre

    Pour être précis …
    Seule la Norvége, avec le Danemark et la Suéde, fait partie de la Scandinavie.
    La Finlande n’en fait pas partie.

  3. Pascal Taillandier

    Dont acte. Mais quid de la réponse?

  4. Bardot for ever

    Lu sur l’excellent site de Causeur (www.causeur.fr) cet hommage à Brigitte Bardot sous la plume d’Arnaud Le Guern
    L’été, c’est le soleil, des lunettes noires, un bikini, la plage.
    L’été, c’est Bardot, son apparition sur le port de Saint-Tropez dans Et Dieu créa la femme, toutes ses apparitions depuis, « sur l’écran noir de nos nuits blanches ». Dans Le Mépris bien sûr – « Et mes fesses ? Tu les aimes, mes fesses ? » – ; dans Les femmes, merveille tournée en 1969 par Jean Aurel, scénarisée par Cécil Saint-Laurent, avec Maurice Ronet.
    L’été, c’est B.B. quand elle chante « Coquillages et crustacés », « La Madrague » ou les bonbons sensuels offerts par Gainsbourg.
    L’été, enfin, c’est B.B. dans les mots légers et profonds de François Nourissier.
    Lire et relire Nourissier, se mettre en bouche les lignes de beauté qu’il trace : « Que l’on caresse du regard, vite, les images innombrables de Bardot ; que l’on profite vite d’un plaisir innocent, car, sitôt les yeux relevés, on les posera sur un monde de lèvres et de visage clos. L’énorme bêtise des hommes d’Occident devant le sexe et devant leur désir éclate en de certaines occasions. L’aventure Bardot en est une. S’il n’existait aucune autre raison de l’aimer et de bavarder un peu librement sur le compte de cette belle personne, la seule envie de faire acte de présence y suffirait. J’entends la seule envie d’être parmi ceux qui l’auront dit : la beauté n’est pas honteuse, la beauté a des droits, nous devons respecter en elle une dignité d’avant la faute, joueuse et familière. »
    Et à la fin de l’envoi, B.B. ancrée dans les coeurs battants : « Sous la mythologie, sous l’entreprise et le triomphe publicitaires, il existe ce miracle gratuit et parfaitement injuste : les privilèges d’une petite fille née belle. »
    Bardot for ever

  5. Marion

    Belle histoire de Brigitte Bardot. Je ne connaissais pas son histoire. Je me rappelle d’une magnifique photo suspendu au mur d’un petit chalet en montagne que nous avons loué une fois en amoureux. Cette photo était sublime.

  6. francois.kremper

    Compléments apportés à la relation entre Brigitte Bardot et son fils

    Dans une interview accordée à Var Matin le 25 janvier 2018, Brigitte Bardot revient sur la relation qu’elle entretient avec son fils Nicolas. «  Durant l’enfance de Nicolas, nos rapports étaient pénibles. Pour lui, comme pour moi. Et puis les choses se sont apaisées ».
    Elle décrit leur relation actuelle comme « normalisée ». Aujourd’hui il a 57 ans, nous nous appelons régulièrement. Vivant en Norvège, il me rend visite une fois par an à La Madrague, seul ou avec sa famille, de sa femme, de mes petits-enfants et même de mon arrière petite-fille.
    « Je l’aime d’une manière spéciale. Et lui aussi.

  7. francois.kremper

    Le fils de Brigitte Bardot, Nicolas-Jacques Charrier, âgé de 65 ans, était présent à ses obsèques qui ont eu lieu le 7 janvier 2026 à Saint-Tropez avec une cérémonie religieuse à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption suivie d’une inhumation au cimetière marin de la ville. Nicolas Charrier était accompagné de son épouse, Anne-Line Bjerkan, et de leurs deux filles, Anna (41 ans) et Théa (36 ans).

  8. La rédaction

    Nous nous interrogions dans cet article daté de 2010 sur l’origine du Chalet Bardot. La réponse est maintenant claire. Non le pavillon n’est pas celui de l’Exposition universelle de Paris en 1889 contrairement à ce qu’on peut lire largement dans la presse (y compris dans de récents hommages à Brigitte Bardot après son décès). Il s’agit d’une confusion due au fait que l’architecte, Christian Thams, est le même.

    Christian Thams (1858-1945), architecte et industriel norvégien (consul de France en Norvège, fils d’un propriétaire de scierie dans le fjord d’Orkdal, était l’un des principaux promoteurs des« chalets en bois norvégiens préfabriqués » à la fin du XIXe siècle. Il a conçu et commercialisé ce type de constructions en bois (souvent en pin rouge imputrescible), inspirées de l’architecture traditionnelle norvégienne. Ces chalets étaient vendus en éléments préfabriqués, faciles à transporter et à assembler, et plusieurs exemplaires ont été exportés en France dès les années 1880-1890. A Louveciennes il est attesté que deux chalets de ce type ont été livrés et montés dans la commune. Celui au 17 rue du Général Leclerc (la maison de la famille Bardot) a été installé par le grand-père paternel de Brigitte Bardot (Louis Bardot).
    C’est Mijanou Bardot, la soeur cadette de Brigitte qui a hérité du Chalet à la mort de ses parents. Mariée à l’acteur belge, Patrick Bauchau, elle vit depuis de longues années en Californie. Son beau-père, l’écrivain belge Henry Bauchau a occupé le Chalet jusqu’à son décès le 21 septembre 2012.
    Depuis le Chalet a été vendu.

    Pour compléter l’information sur le Chalet on pourra se référer à l’ouvrage de Michel Dach du Cercle généalogique et historique de Louveciennes« Une propriété emblématique de Louveciennes ». La rédaction/FK

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